Baking Memories

Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentire médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais q’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. [source] [Marcel Proust: Combray. p.44].

The smell, the taste because we have such a hard time to reproduce a memory before our inner nose, our inner tongue, much in the same way we recall an image that in turn allows us to memorize an element of a story, create much stronger memories when recalled.

There is no ars memorativa of smell, only the sudden flash when you open a drawer and find yourself back home.

Baking a cake or creating perfumes are possible ways to recreate the memory of smell.

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  1. […] come in all shapes and tastes. As small shell-shaped cakes – calling Madeleines “cookies” would be a disservice not only to these unique creations but also to the American […]